Aéro Biodiversité
Responsables de la gestion de vastes espaces, souvent en périphérie des zones urbaines, les aéroports jouent un rôle inattendu mais essentiel dans la préservation de la biodiversité.
En France, les aéroports et aérodromes représentent environ 460 km², soit l’équivalent de cinq fois la superficie de Paris. Près de 75 % de ces surfaces sont composées de milieux semi-naturels (prairies, pelouses, zones humides, boisements, friches), qui constituent des habitats favorables à de nombreuses espèces animales et végétales.
Selon l’association Aéro Biodiversité, plus de 4 400 espèces ont été recensées sur et autour des plateformes aéroportuaires françaises, dont :
- plus de 350 espèces d’oiseaux,
- 51 espèces d’orchidées,
- 29 espèces de chauves-souris.
Les prairies aéroportuaires figurent parmi les écosystèmes à préserver et à restaurer dans le cadre de la Stratégie Nationale Biodiversité 2030.
La préservation de la biodiversité en aéroport s’inscrit dans un équilibre exigeant, prenant en compte :
- la sécurité aérienne, notamment la gestion du risque animalier,
- les règles de sûreté et de navigation aérienne,
- les contraintes d’exploitation des infrastructures.
Les actions en faveur de la biodiversité sont donc conçues pour être compatibles avec les exigences opérationnelles aéronautiques, grâce à des approches fondées sur la science, l’expertise et le retour d’expérience.
Les aéroports français sont fortement engagés dans des démarches de préservation et de valorisation de la biodiversité. Parmi les principales actions mises en œuvre :
Mieux connaître la biodiversité
Les aéroports réalisent des inventaires de faunes et de flores réguliers, fondés sur des protocoles scientifiques reconnus.
Ces travaux permettent :
- de suivre l’évolution des espèces et des habitats,
- d’élaborer des indicateurs de biodiversité,
- d’orienter les décisions de gestion et d’aménagement.
À ce jour, plus de 73 000 données d’observation ont été collectées sur les plateformes françaises.
Gérer différemment les espaces naturels
Les gestionnaires aéroportuaires mettent en place des plans de gestion différenciée, adaptés à chaque type de milieu :
- fauchage raisonné des prairies,
- préservation des zones humides,
- maintien de friches ou d’habitats favorables aux pollinisateurs.
Ces pratiques contribuent à la résilience écologique des plateformes et à leur adaptation au changement climatique.
La démarche « Aéroports zéro phyto »
Afin de limiter les pollutions des sols et des eaux, de nombreux aéroports ont engagé une transition vers le zéro produit phytosanitaire.
Pour accompagner cette évolution, l’UAF & FA a lancé en 2021 le projet « Aéroports zéro phyto », en partenariat avec le Groupe ADP, avec le cofinancement de l’Office français de la biodiversité.
Ce projet a abouti à la publication d’un guide pédagogique, fondé sur le partage de bonnes pratiques entre aéroports de toutes tailles.
Lutter contre les espèces exotiques envahissantes
Les plateformes aéroportuaires mettent en œuvre des protocoles spécifiques pour prévenir l’introduction et la propagation d’espèces exotiques envahissantes, en particulier dans les territoires insulaires, plus vulnérables.
L’UAF & FA est engagée de longue date aux côtés de l’association Aéro Biodiversité, référence nationale pour la biodiversité en milieu aéroportuaire.
Créée en 2015, Aéro Biodiversité œuvre à :
- identifier,
- protéger,
- valoriser la biodiversité présente sur les plateformes aéroportuaires, dans le respect des contraintes de sécurité.
Cette démarche repose sur :
- des protocoles de sciences participatives,
- l’expertise scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle et de chercheurs du CNRS.
Afin de valoriser les démarches volontaires des plateformes, Aéro Biodiversité a créé le label « Aérobio ».
Ce label repose sur l’évaluation de plusieurs critères :
- la présence et le suivi effectif de la biodiversité,
- l’implication des équipes aéroportuaires,
- la communication et l’ancrage territorial,
- l’intégration de la biodiversité dans la stratégie de l’aéroport.
Attribué pour trois ans, après avis d’un comité scientifique indépendant, le label se décline en plusieurs niveaux reflétant le degré d’engagement des aéroports.
La biodiversité est progressivement intégrée au pilotage stratégique des aéroports.
Elle contribue :
- à la qualité environnementale des plateformes,
- à leur résilience face au changement climatique,
- à une meilleure insertion territoriale.
En conjuguant expertise scientifique, exigences opérationnelles et coopération entre acteurs, les aéroports français démontrent qu’il est possible de concilier activité aérienne et préservation du vivant.
Les aéroports abritent des réservoirs de biodiversité dont la préservation contribue aux objectifs de la Stratégie nationale biodiversité 2030.
L’intégration des espaces aéroportuaires dans les dynamiques territoriales de biodiversité est essentielle pour renforcer les continuités écologiques et favoriser la circulation des espèces.
Les projets d’aménagement et de construction peuvent intégrer davantage la biodiversité, notamment par une conception adaptée des infrastructures et le recours à des matériaux issus de filières responsables.
Les aéroports doivent prévenir et réduire leurs impacts environnementaux, qu’il s’agisse du risque de dispersion d’espèces exotiques envahissantes ou des pollutions (chimiques, lumineuses et sonores), en s’appuyant sur des méthodes scientifiquement éprouvées.
- Les aéroports abritent une biodiversité remarquable : avec 460 km² de surfaces, dont 75 % de milieux semi-naturels, ils accueillent plus de 4 400 espèces recensées en France.
- La préservation de la biodiversité est conciliée avec les exigences aéronautiques : les actions menées prennent en compte les impératifs de sécurité aérienne, de sûreté et d'exploitation des infrastructures.
- Les aéroports déploient des actions concrètes : suivi scientifique de la faune et de la flore, gestion écologique des espaces et lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
- La biodiversité est devenue un enjeu stratégique : soutenue par des partenariats comme Aéro Biodiversité et valorisée par le label Aérobio, elle contribue à la résilience climatique et à l'intégration territoriale des aéroports